La commémoration de la deuxième édition du génocide congolais pour des gains économiques (GENOCOST), présidée par la Première Ministre Judith Suminwa, a vécu avec faste vendredi 2 Août dernier à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo. Entre émotion et détermination des uns et des autres à lutter contre les atrocités tout en les dénonçant, cette cérémonie a surtout laissé entendre qu’elle poursuit deux objectifs non négligeables.
Il s’agit, avant tout, d’obtenir réparation pour les préjudices causés sur le sol congolais, comme l’a souligné Chantal Chambu Mwavita, Ministre des droits humains, présente dans cette cérémonie. Ceci est un objectif mais surtout une attente, particulièrement du côté des victimes.
Un autre objectif de ce GENOCOST est aussi une interpellation de la conscience collective des hommes et de femmes de toutes les races et conditions sociales, des massacres de millions de congolais notamment à Makobola, à Kasika, à Kibati, Kisangani, à Goma et partout ailleurs, qui ne sont pas oubliés.
Les autorités congolaises attendent de la population cette prise de conscience qui est une autre forme de contribuer à cette lutte.


Des chiffres dévoilés par FONAREV
Kevin Mokili, Directeur Général ad intérim du Fonds National de Réparation des Victimes de Violences Sexuelles liées aux Conflits et autres Crimes contre la Paix et la Sécurité de l’Humanité (FONAREV), a dévoilé un bilan des rapports des victimes en RDC :
Le rapport d’incident nous relève des chiffres accablants 66,9% des victimes proviennent des conflits armés, 16,2% des conflits ethniques,11,1% des conflits communautaires et 5,8% des conflits politico- religieux. À ce jour, plus de 2039 incidents ont été documentés dont une moitié renvoie à des crimes de Génocide, cette réalité est un cri l’alarme.
a-t-il annoncé
La documentation des incidents, poursuit-il, a permis de rassembler des témoignages, des preuves et de récits qui illustrent la réalité vécue par les victimes en consignant ces histoires.
nous ne faisons pas seulement un acte de mémoire, nous bâtissons une base solide sur laquelle reposera la justice. Car Sur 125 territoires que compte la RDC, 90 ont été touchés par les conflits.
Le drame qu’a vécu la RDC depuis deux décennies, se poursuit encore aujourd’hui avec de conséquences humaines et humanitaires désastreuses, le nombre de déplacés internes en RDC se lève actuellement à 7.3 millions des personnes, un chiffre record, le deuxième au monde après le Soudan avec une forte augmentation ces deux dernières années.
Bruno Lemarquis, Représentant des systèmes des Nations unies au cours de cette célébration du GENECOST, a interprété le gouvernement congolais à restaurer son autorité et sa souveraineté à travers le processus politique et de promouvoir une gouvernance transparente et inclusive afin d’arrêter ce cycle de violence infernal au Congo.
Cette crise humanitaire est l’une des plus prolongées et dramatiques, complètes, négligées et tolérées au monde. Elle est par outre caractérisée par un nombre effarant des victimes des violences sexuelles, des corps des femmes et des filles sont assimilés à des champs de bataille.
a martelé Bruno Lemarquis
Sur le plan institutionnel, la Cheffe du gouvernement a annoncé les efforts manifestés qui ont conduit à la mise en place de l’écosystème de réparation avec la création de Fond de réparation des victimes de crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) et du Fond spécial d’indemnisation des victimes des actes illicite de l’Ouganda en RDC (FRivao). Ces établissements publics sont respectivement sous tutelle des ministères des Droits humains et de la Justice, pour proposer de réformes à la mise en œuvre de réparation en faveur des victimes.
