Au moins 50 civils ainsi que des militaires ont été tués au cours de la semaine écoulée dans plusieurs attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, ont rapporté ce lundi 11 mai des sources locales et des observateurs de la société civile après une revendication de mêmes terroristes alliés à l’État islamique.
Ces violences ont principalement visé des localités situées dans les territoires de Beni et de Mambasa, malgré l’état de siège, une mesure exceptionnelle déléguant les pouvoirs civils aux militaires en vigueur dans la région depuis 2021.
Selon des témoins et des représentants de la société civile, les assaillants ont opéré essentiellement à l’arme blanche. Les villages de Katerrain, Mungamba, Byakato et Makumo ont été particulièrement touchés où des incursions ont également été signalées dans la province du Haut-Uélé, une zone jusqu’ici relativement épargnée par les activités du groupe affilié à l’organisation État islamique.
La situation s’enlise. Les ADF continuent d’étendre leur zone opérationnelle à l’intérieur du territoire congolais.
déplore un acteur de la société civile sous couvert d’anonymat
Dans les villes de Beni et Bunia, les autorités provinciales militaires n’ont pas encore communiqué de bilan officiel sur ces récents massacres. Ce silence, couplé à des comptes rendus de conseils de ministres à Kinshasa présentant une situation sécuritaire globalement sous contrôle, alimente la frustration des populations locales.
Depuis plusieurs années, l’armée congolaise (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF) mènent pourtant une opération conjointe, baptisée Shujaa, depuis fin 2021 pour déloger les ADF. Si les communications officielles vantent régulièrement des succès notables, la propagande de l’État islamique en Afrique centrale (ISCAP) diffuse de son côté des images de villages incendiés et de pillages, contredisant le discours de pacification.
Initialement composés de rebelles ougandais majoritairement musulmans, les ADF sont installés dans l’est de la RDC depuis le milieu des années 1990. Ils sont aujourd’hui considérés comme le plus meurtrier des groupes armés sévissant dans la région.
