Longtemps sous l’image d’un érudit, Lubenga K.M Zickry alias Casiodoro, réalisateur faisant carrière dans les médias publiques; producteur, auteur compositeur… est aussi artiste musicien. L’homme à plusieurs casquettes n’a pas échappé à l’oeil de Kaba Lisolo.
Dans une interview accordée à notre rédaction, le touche-à-tout de génie a parlé de lui-même, à cœur ouvert, tout en révélant sa génese tant dans le cinquième art (la musique), que dans le quatrième pouvoir (la presse), deux domaines dans lesquels il œuvre aisément depuis le bas âge, sans jamais avoir eu l’envie d’arrêter, plutôt que continuer à se surpasser en essayant de donner le meilleur de lui-même, sur l’expérience déjà acquise.
De la musique au journalisme, ça date.
Kaba Lisolo : Bonjour Mr Zicry, pouvez-vous nous parler de vous et vos débuts en musique et en journalisme ?
Zickry Lubenga :
Bonjour KL. J’ai commencé dans les médias en tant que réalisateur. Aujourd’hui ça fait environ dix ans que je preste dans un média public, une chaîne de l’État et j’ai gravit beaucoup d’échelons. Je suis réalisateur en chef et j’œuvre dans plusieurs services. En étant journaliste, il y a eu plusieurs ouvertures, et d’autres horizons qui se sont ouverts pour moi : j’ai pris plusieurs directions, notamment écrire des chansons, faire les Beats et réaliser des clips, et beaucoup d’autres choses.
Réalisateur, producteur, beatmaker, chanteur, journaliste… comment gérez vous toutes ces casquettes ?
C’est vraiment difficile mais on y met du cœur, c’est avec le cœur qu’on arrive à faire tout ce qu’on veut, comme faire les beats, réaliser des clips ou encore écrire, faire des chansons et prester aussi en tant que journaliste, vue que je travaille pour l’État.
Comment était le passage de l’Université à vos métiers ? Lequel avez-vous embrassé en premier ?
J’ai fait des études commerciales administratives à l’école secondaire et après j’ai fait l’informatique de gestions à l’Université. C’est par là que j’ai découvert en moi un don à « bédouiller les machines ». J’ai atterri dans les médias à partir de Bukavu, comme stagiaire dans une chaîne de là, la RTVGL, puis j’ai profité d’une formation d’une équipe allemande venue uniquement pour former les gens à la Radio Télévision Vision Grand-Lac à Bukavu. Je me suis trouvé la passion de faire la réalisation. Quand j’ai fini mes études, la chaîne de l’État avait besoin d’un personnel nouveau adapté à la nouvelle technologie ; nous nous sommes ainsi retrouvés à la chaîne nationale et nous avons assuré notre poste jusqu’aujourd’hui.
De tout ce que vous faites, qu’est ce qui compte le plus pour vous ?
Ce qui compte pour moi c’est surtout informer les gens, faire en sorte que tout le monde quelque soit son niveau social ait accès à l’information ; c’est la première des choses qui comptent pour mon travail. Dans la réalisation je fais en sorte que les gens voient les journalistes chez eux à la maison à partir de leurs télévisions. Ce qui compte le plus pour moi c’est de voir la population avoir l’information nécessaire et les puiser chez eux.
Votre idole ?
J’aime bien travailler einh ! Et j’aime beaucoup Kabila (rire). C’est quelqu’un qui travaille et il est sérieux ; je l’aime bien, il est un exemple dans l’assiduité du travail.
Qu’est ce qui t’inspire plus dans tout ce que tu fais ?
Dans la musique, j’aime bien les notes. Elles ont une beauté qu’on ne peut pas comprendre si on n’en écoute pas. Quand vous faites le mix de plusieurs instruments pour donner une musique il y a un plaisir inexplicable, et cela me motive parfois quand j’écoute cette beauté musicale et ça donne parfois de l’inspiration pour écrire plusieurs chansons que je distribue un peu partout.
Inspirez-vous d’autres personnes ?
Sans doute, j’inspire beaucoup ; si non je ne serais pas suivis sur les réseaux sociaux par exemple. Je suis tellement suivi et c’est clair, j’en inspire autant.
Comment jugez vous la musique boyomaise ?
C’est la musique, je ne peux pas donner mon opinion. Quand quelqu’un fait son travail avec sérieux ça lui apporte de la considération. Quant aux médias de Kisangani, ils sont du genre à ne pas prendre leur travail au sérieux mais ils le font bien, malheureusement il n’y a pas a encore de la considération entre les médias, les journalistes aiment l’argent plus que l’information, pourtant leur travail c’est d’informer. Je suggère qu’ils travaillent d’abord. Avant de penser à l’argent.
Avec son propre Label Casiodoro.com, Zickry Lubenga compte deux albums dont Black Withe, publié en 2019 avec 12 titres et Nobody Knows de 7 titres, sorti le 9 Mai 2020 (Jour de son anniversaire) avec une dernière chanson sur la toile intitulée En avant, après respectivement The Road, Indéfiniment, Munofu et Soul. Il a également promis le meilleur de lui-même pour sa carrière et de se surpasser encore et encore.
C’est depuis l’enfance qui a été bercé par musique dite « Bongo » du style East African Music dont Lea Bongo Fleva bien qu’il appréciait beaucoup les gangsters du rap, fan de 50 Cent, Eminem, etc.
Cet entretien avec Kaba Lisolo est à retrouver en exclusivité très prochainement sur les autres plateformes de notre site, dont Youtube et Sound Cloud.
GERMAIN BUSOKE DUPERSO



