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Kisangani
15 septembre 2026
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Kisangani : déplacés du conflit Mbole-Lengola pour les uns, abandonnés par les parents pour les autres… des enfants privés de scolarité vendent dans la rue

Autre fois dans la ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, la vente d’eau de sachets plastiques était réservée à la tribu Mongo. Depuis quelques temps, cette pratique ainsi que d’autres petits commerces, sont de plus en plus monnaie courante chez des enfants, mineurs pour la plupart.

Samedi 11 mai 2024, Kaba Lisolo s’est entretenu tour à tour avec quelques uns de ces enfants vendeurs d’eau, de papiers mouchoirs et des œufs durs. Lors de nos échanges, si les uns ont laissé entendre que ces petits commerces c’est pour payer leur scolarité ; par contre, pour les autres, c’est pour leur survie. Le manque de moyens, la mort des parents, la maltraitance des tuteurs et l’irresponsabilité des certains parents, sont les causes soulevées par ces enfants :

Nous habitions Lubunga et j’étudiais la-bas. Mais à cause des troubles nous avons déménagé à 6 kilomètres chez un membre de ma famille. Et ma mère est partie débrouillait à des kilomètres. Je ne sais plus aller à l’école à cause de la distance. Voilà pourquoi je vend pour faire la caisse et étudier l’année prochaine. Je suis en 7ème année.

témoigne un enfant

À un autre d’ajouter :

Je suis élève mais pour payer mes frais, je pars à l’école le matin et à 13h je viens en ville pour vendre. J’emprunte 1000FC chez mon oncle pour venir acheter de l’eau et vendre. Le soir je me retrouve avec 5000FC, je remets 1000FC à mon oncle et le reste j’épargne pour payer la prime et subvenir à d’autres besoins.

Cependant, malgré leur âge, ces enfants présentent des caractéristiques d’entrepreneurs et de responsabilité. Certains vendent leur propre marchandise et d’autres vendent pour leurs patrons. Mais pendant leurs courses, certains d’entre eux mettent également leur propre marchandise à côté de celles des patrons et en bénéficient davantage. Une stratégie qui paie plutôt bien.

Je travaille pour mon patron et il me paie 5000FC à la fin de la journée parceque je vends bien. Mon argent, je le garde pour trouver le capital à ma mère qui est à la maison, mon père nous a laissé. Je veux étudier mais je manque de moyens.

confie un petit commerçant

Contrairement à lui qui est payé à la fin de chaque journée, un autre attend la fin de semaine pour être rémunéré par son boss, qui n’est autre que son oncle.

Je vends pour mon oncle paternel. Il me paie 20.000FC par semaine. Cet argent m’aide à acheter des habits. J’étudiais mais je n’ai pas fini l’année. Il n’y a pas d’argent. Quand je vends les  articles de mon oncle, dans ce que je gagne , j’achète aussi mes propres articles et je vends à côté des siens.

Quelques autorités scolaires contactées pour donner leur avis sur la situation se sont réservées de tout commentaire. Cette réalité existe, des enfants qui se plaignent de ne pas pouvoir aller à l’école par manque d’argent, alors que la gratuité de l’enseignement prônée par le Président de la République existe.

En ce qui concerne certains enfants, tout paraît très logique car ils sont au secondaire, où la gratuité de l’enseignement n’a jamais été instaurée.

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