6 décembre 2022
Ville de Kisangani, RD Congo
Interview Musique

Bob Elvis : ses débuts, sa motivation, « Ya Tshitshi », les censures… le natif de Kisangani nous dit tout (INTERVIEW)

Il n’est plus à présenter. Artiste rappeur congolais, Bob Elvis est un pur talent. Très engagé dans son style, celui dont la plume ne cesse de faire parler d’elle, notamment en dénonçant sans détour la situation politique et sociale du pays, a accordé une interview exclusive à Kaba Lisolo.

Né à Kisangani dans la province de la Tshopo, Bob Elvis quitte sa ville natale dès le bas âge. Cap sur Kinshasa, il grandit dans la capitale, précisément dans la chaude commune de Bandale. Une commune qui a vu naître des grands talents en musique, encore faut-il le signaler.

Décembre 2015, début des choses sérieuses. Ou mieux, un petit tournant dans sa carrière. L’artiste réussi son premier EP, la suite appartient à l’histoire… ce vendredi 5 août 2022, le talent s’est confié à nous.

Parlez-nous de vos débuts en musique

Bob Elvis est un Artiste Rappeur Congolais, né à Kisangani le 06 juin. J’ai grandi à Bandal. En 2015, j’ai sorti mon premier EP « J’amène la clé », qui avait été sacré meilleur album rap Congolais 2015. Avec ce projet, j’avais fait une tournée en Asie et en Europe. Je suis revenu en 2018 avec mon deuxième EP de 10 titres « Anti-Médiocrité », avec comme single le titre « Dégage », et aujourd’hui, nous voici en 2022 sur le troisième. Je suis un Artiste professionnel à temps plein.

Qu’est-ce qui vous motive le plus ?

Ce qui me motive le plus, c’est le fait de servir un jour de modèle pour les prochaines générations, c’est l’envie de laisser des traces intemporelles, de créer une vraie génération consciente ; c’est aussi le fait qu’aujourd’hui les jeunes comprennent de plus en plus mon combat et y adhèrent.

Votre idole dans ce métier ?

La personne que j’ai longtemps prise pour référence dans le rap, c’est Kery James.

C’est quoi la particularité de votre musique ?

La particularité de ma musique est qu’elle dénonce de manière crue les méfaits de nos dirigeants, j’interpelle sans tourner autour d’un sujet, je suis direct dans mon discours et surtout je l’assume.

Quels messages passez-vous dans vos titres qui font référence à Étienne Tshisekedi ?

Le concept de lettre à ya Tshitshi, c’était plus pour trouver comment faire arriver les messages au dirigeant actuel, tout en sachant que le président actuel est le fils de monsieur Étienne Tshisekedi, le plus illustre des opposants congolais.

Ne vous sentez-vous pas en danger en sortant des tels titres ?

Au Congo, tout le monde est en danger, car nous vivons dans un pays où l’avenir n’est garanti pour personne, on avait tué un président dans sa résidence, ici, dans la capitale ; dans l’est du Congo, tous les jours, nos compatriotes trépassent ; je ne vois pas pourquoi je me sentirais en danger dans un contexte pareil.

Lettre à Ya Tshitshi partie 2, toujours disponible sur YouTube

Comment gérez-vous les censures de vos sons ?

La censure, je la subis depuis la sortie de mon premier hit engagé « DÉGAGE », mentalement j’ai toujours été préparé à faire ma musique, même sans les médias. Ça fait 4 ans que je fais de la musique sans passer dans les médias, sans être diffusé au pays, mais je suis là et on arrive à faire de 500.000 vues sans médias, et là encore on a fait 100.000 vues en 11 jours sans promotion, sans médias, uniquement grace au peuple. Pour moi, c’est déjà une victoire, car je suis pratiquement le seul artiste qui arrive à tenir tête sans les médias, malgré la censure et le boycott de plusieurs grands médias, ceux qui sont dans le système.

Des projets d’avenir ?

Il y’a des projets à venir, mais on se concentre sur le présent car on vit le présent.

Un message à vos fans ?

A mon public, continuez à consommer l’album et à être cette jeunesse consciente qui partage la musique et le combat de toute une génération.

Merci à vous !

Suivez-nous sur Instagram 👆🏾

Le 15 juillet dernier, Bob Elvis a sorti son nouvel EP « L’élu ». Un mini album que l’artiste décrit comme le résumé de sa personnalité, une transition entre le garçon qu’il était et l’homme qu’il est devenu. L’artiste à la carrière très prometteuse n’en a visiblement pas fini avec son inspiration.

administrator
Journaliste ▶️Twitter : @EmeryKabongoM ▶️Facebook : @EmKabongo ▶️Instagram : @emery_kabongo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *