La plateforme politique « Sauvons la RDC », formée autour de l’ancien président Joseph Kabila, hausse le ton face à l’initiative de dialogue portée par le président Félix Tshisekedi. Dans un communiqué publié et signé ce lundi 31 août, cette plateforme rejette le format envisagé par le chef de l’État, estimant qu’il ne répond pas aux exigences de la situation politique et sécuritaire actuelle en République démocratique du Congo.
Dans ce document, les membres de « Sauvons la RDC » accusent Félix Tshisekedi de privilégier la conservation de son pouvoir au détriment de l’intérêt national.
« Entre sauver son pouvoir et sauver la République, il a choisi son pouvoir », affirme la plateforme, qui estime que, dans le contexte actuel, les deux objectifs seraient devenus incompatibles.
La plateforme conteste également la crédibilité d’un dialogue initié par le pouvoir alors que les violences se poursuivent dans plusieurs régions du pays.
« On ne peut pas sérieusement vouloir d’un dialogue pour la paix […] pendant que les avions et drones sous son commandement bombardent », dénonce-t-elle, mettant ainsi en cause la conduite des opérations militaires par les autorités congolaises.
Un dialogue que « le peuple » finirait par imposer
Pour « Sauvons la RDC », le dialogue national reste néanmoins incontournable. La plateforme affirme qu’il finira par s’imposer, même en cas de refus du président Félix Tshisekedi.
« Ce dialogue national finira par s’imposer […] Il se tiendra avec lui, ou sans lui s’il s’obstine à en empêcher la tenue », peut-on lire dans le communiqué.
La plateforme va plus loin en invoquant l’article 64 de la Constitution congolaise, qui prévoit notamment que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions constitutionnelles.
« Le peuple congolais [sera] dans l’obligation, sur pied de l’Article 64 de la Constitution, de le contraindre à la sortie », prévient « Sauvons la RDC ».
Une nouvelle offensive politique autour de Joseph Kabila
Cette prise de position intervient alors que Joseph Kabila, ancien président de la RDC, demeure au cœur d’une recomposition politique particulièrement tendue. La plateforme « Sauvons la RDC », qui s’inscrit dans son orbite politique, entend ainsi peser sur le débat national et sur les éventuelles négociations destinées à mettre fin à la crise politique et sécuritaire.
Le rejet du format proposé par Félix Tshisekedi risque de compliquer davantage les efforts visant à parvenir à un cadre de dialogue accepté par les différentes parties.
Le gouvernement congolais n’a pas, dans ce communiqué, répondu aux accusations formulées par la plateforme. La question demeure désormais de savoir si les autorités accepteront d’élargir le cadre du dialogue ou maintiendront le format actuellement défendu par le président Félix Tshisekedi.
Dans un contexte marqué par la persistance des affrontements et les profondes divisions politiques, l’enjeu dépasse désormais le seul format des discussions : il s’agit de déterminer quelles forces politiques pourront participer à un éventuel dialogue national et sous quelles conditions.



