La préoccupation sur la situation sécuritaire dans la province du Nord-Kivu est grande. L’insécurité bat son plein dans plusieurs localités, et ces derniers jours, dans le chef-lieu, Goma. Des déplacés ça et là, ils traversent des moments pénibles.
La rébellion du M23, un groupe armé composé d’anciens soldats mutinés, a repris les hostilités contre les forces gouvernementales, avec le soutien présumé du Rwanda voisin.
Le M23 revendique l’application d’un accord de paix signé en 2009, qui prévoyait notamment l’intégration des rebelles dans l’armée nationale et le respect des droits des communautés tutsies de la région.
Les combats se sont intensifiés autour de la ville de Goma, capitale du Nord-Kivu, que le M23 avait brièvement occupée en 2012. Face à l’avancée des rebelles, les forces loyalistes se sont repliées sur la cité de Sake, située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Goma, sur la route nationale 2. Saké est devenue le verrou stratégique pour empêcher le M23 de prendre le contrôle de la province.
Mais cette position n’est pas sans conséquences pour les populations civiles qui vivent à proximité. La localité de Shasha, qui se trouve à quelques kilomètres de Saké, a été le théâtre de violents affrontements entre les belligérants, qui se disputent le contrôle de ce point névralgique. Les habitants de Shasha ont dû fuir en masse leurs maisons, leurs champs et leurs biens, pour échapper aux violences, aux pillages et aux exactions.
Trois bombes ont été lancées depuis le début de ce mois de Février à la périphérie de la ville de Goma notamment, au quartier Mugunga le vendredi 2 Février, deux autres obis tirés par le M23 au matin de ce 6 Février à CCLK vers le quartier Mugunga et à midi de ce même jour au quartier Lac-Vert.
Un exode vers l’incertain
Selon les estimations du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR), plus de 10 000 personnes ont quitté Shasha depuis le début du mois de février, soit près de la moitié de la population de la localité. La plupart d’entre elles s’est dirigée vers Sake, espérant y trouver un refuge provisoire. Mais Sake n’est pas une destination sûre, car la cité est régulièrement bombardée par les obus du M23, qui tentent de déloger les forces gouvernementales. Le HCR a rapporté que plusieurs civils ont été tués ou blessés par ces tirs indiscriminés.
Face à cette situation, certains déplacés ont décidé de poursuivre leur route vers Goma, malgré les risques de tomber dans une embuscade ou de croiser des groupes armés sur le chemin. D’autres ont préféré se réfugier dans les villages environnants, où ils espèrent bénéficier de l’aide des communautés locales. Mais ces dernières sont elles-mêmes confrontées à la pénurie de nourriture, d’eau et de médicaments, et peinent à accueillir les nouveaux arrivants.
Mais les acteurs humanitaires sont confrontés à de nombreux obstacles pour accéder aux zones affectées par le conflit. Les routes sont impraticables, et les menaces sont permanentes.
Une solution politique indispensable
Au-delà de l’aide humanitaire, les déplacés de Shasha, comme tous les Congolais de l’Est, aspirent à retrouver la paix et la stabilité dans leur région. Mais cela ne sera possible que si une solution politique durable est trouvée au conflit qui oppose le gouvernement et le M23, ainsi qu’aux autres groupes armés qui sévissent dans le Kivu.
Les prochaines semaines, si pas les prochains jours, devraient être déterminantes dans la gestion par le gouvernement, de cette situation sécuritaire de plus en plus alarmante dans le Nord-Kivu.



