Plus de 4 millions USD par mois pour les Wazalendo : un député exige des explications

Le député national Claude Misare interpelle le ministre de la Défense nationale sur la gestion des ressources publiques affectées à la prise en charge des combattants Wazalendo qui appuient les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans l’est du pays.

Dans une correspondance adressée lundi 17 août au ministre de la Défense, l’élu d’Uvira, dans le Sud-Kivu, évoque un décaissement mensuel de plus de 4 millions de dollars américains en faveur de ces groupes. Il souhaite cependant connaître la destination exacte de ces fonds et mesurer leur incidence concrète sur les conditions de vie des combattants présents au front.

Une prise en charge jugée insuffisante

Claude Misare dit constater un décalage entre les montants annoncés et la réalité vécue par plusieurs Wazalendo engagés dans les zones d’opérations. Il estime que les difficultés auxquelles ils restent confrontés soulèvent des questions sur le circuit et la gestion des financements publics.

Pour le parlementaire, les sacrifices consentis par ces combattants pour soutenir les FARDC devraient s’accompagner d’une prise en charge à la hauteur des ressources mobilisées par l’État. Il demande donc au ministre compétent de fournir des explications sur les modalités de gestion et d’affectation de ces crédits.

Vers une intégration dans la réserve armée ?

Au-delà de la question financière, le député souhaite que les dispositions légales relatives à la réserve armée de la défense soient pleinement appliquées.

Il recommande notamment la mise en place des structures locales de la réserve, la désignation de leurs responsables ainsi que l’enrôlement officiel des Wazalendo dans ce dispositif.

À ses yeux, cette formalisation permettrait de mieux définir le statut de ces combattants et de confier leur supervision ainsi que leur prise en charge à l’État, dans un cadre institutionnel clairement établi.

Barrières routières et perception de taxes

La sortie de Claude Misare intervient alors que certaines factions Wazalendo sont également accusées d’ériger des barrières et de percevoir des taxes sur plusieurs axes routiers du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Des sources rapportent que certains de ces groupes expliqueraient ces pratiques par le manque de soutien financier et matériel de la part des autorités publiques.

Ces prélèvements sont néanmoins contestés par les autorités provinciales. Dans le Sud-Kivu, le vice-gouverneur Jean-Jacques avait récemment dénoncé l’installation de barrières et la perception de taxes sur les routes de la province.

La demande du député remet ainsi au premier plan la question de la transparence dans la gestion des moyens consacrés aux Wazalendo, mais aussi celle de leur statut et de leur encadrement au sein du dispositif sécuritaire national.

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