30 juillet 2026
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

Nord-Kivu : six mois après, l’AFC-M23 rouvre la prison centrale de Goma malgré l’absence des instances judiciaires

Ce lundi 21 juillet 2025, les autorités de l’AFC-M23 ont procédé à la rouverture de la prison centrale de Goma, connue sous le nom de la prison de Munzenze, six mois après sa fermeture suite à l’incendie par ses occupants pendant l’évasion à l’occasion de la prise de la ville par ces mêmes rebelles le 27 janvier 2025, c’est malgré l’absence de instances judiciaires opérationnelles dans toutes les zones occupées.

D’après monsieur Bahati Busanga Erasto, gouverneur de province nommé par la rébellion de l’AFC-M23, la rouverture de cette prison marque une étape importante dans la reprise en main du système sécuritaire et judiciaire par l’administration sous son contrôle.

Nous avons déjà aménagé la prison de Munzenze. Dès demain, elle sera rouverte pour arrêter tous ceux qui vont violer la loi.

a indiqué le gouverneur de la rébellion.

Et d’ajouter :

Tout celui qui a une personne arrêtée, devra aller le voir à la prison de Munzenze. Aucun détenu ne pourra y sortir s’il n’a pas encore accompli sa peine.

a-t-il ajouté.

Pour plusieurs observateurs, la rouverture de la prison centrale de Goma s’avère cruciale au vu des circonstances d’emprisonnement opérées à ce jour dans des cachots et amigos de la rébellion où les personnes arrêtées se retrouvent entasser à une centaine dans une pièce ne pouvant contenir que 20 individus.

Oui, c’est un geste fort. Avec ce qui se passe actuellement, ça va soulager plusieurs personnes sous la garde des autorités locales. Par exemple au cachot Fleur de Lys à l’assemblée provinciale, des gens meurent suite à un surnombre dans une pièce.

a fait savoir un habitant sous anonymat à notre rédaction.

Cette décision de rouverture intervient dans un contexte où les autorités judiciaires ne sont opérationnelles, mettant en doute la bonne administration de la justice dans les zones sous occupation de la rébellion depuis plus de 7 mois.

Même si les arrestations ne cessent de continuer, les personnes arrêtées méritent un procès équitable devant leurs juges naturels. Avec l’absence des instances judiciaires, on va observer toujours à une administration de la justice forcée et imposée.

a fait remarquer un étudiant en droit.

Jusqu’à présent, nombreuses personnes arrêtées restent des individus soupçonnés d’appartenir aux Wazalendo, aux FDLR ou même aux forces de sécurité de la RDC notamment les militaires et policiers qui n’ont pas pu quitter la ville au moment de sa prise vers la fin du mois de janvier 2025.

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