30 novembre 2022
Ville de Kisangani, RD Congo
Société

Kisangani – port de masques : au marché central, femmes et policiers ne font pas bon ménage

Depuis l’arrivée de la pandémie à Coronavirus en République Démocratique du Congo, les mesures barrières pour lutter contre, ont du mal à se faire une place. A Kisangani en particulier, on y est allé un peu plus loin : on ne croit pas à l’existence de la maladie. Divers mécanismes sont utilisés pour faire respecter ces mesures, très souvent en vain. Depuis plusieurs semaines maintenant, chez les agents de la Police Nationale Congolais (PNC), chacun y va de sa manière pour y arriver, tracassant la population, au passage. Au marché central de Kisangani, les femmes sont les plus vulnérables.

Dimanche 5 décembre dans la soirée, le gouvernement a annoncé l’actualisation de quelques mesures et leur mise en œuvre, via son porte-parole Patrick Muyaya, Ministre de la Communication et des Médias. Le port de cache-nez fait partie, bien sûr, des nouvelles recommandations. Cependant, faut-il le dire, c’est un des moyens de prévention le plus facile, mais souvent boycotté par une grande partie des Boyomais.

Dans le chef-lieu de la province de la Tshopo, seuls quelques lieux de travail en tiennent rigueur. Dans nombreux espaces publics, le port de masques est une lettre morte. Du côté de l’un des endroits le plus fréquenté de la ville, le grand marché, la guerre est ouverte entre les policiers et la population féminine.

Pourquoi seulement les femmes ?

Dans les quatre coins du marché, les hommes se promènent librement, sans cache-nez. Les femmes, elles, sont contraintes de se protéger, non seulement contre la COVID-19, mais aussi et surtout, contre les hommes en uniformes. Tout porte à croire que ces agents de l’ordre s’en prennent aux femmes et jeunes filles, ces dernières étant physiquement faibles, souvent sans moyens suffisants de défense. Triste réalité !

Aussi, connaissant cette posture de faiblesse, ces policiers se lancent dans une forme de chantage, du pure donnant-donnant. À en croire les propos de nombreuses femmes déjà victimes, chacune d’elle paie une somme de 5000 FC en cas d’accrochage avec un policier.

Face au non-respect de mesures barrières, les agents de l’ordre sèment du désordre, dans la plus grande insouciance qui soit. Paradoxe criant !

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