20.1 C
Kisangani
13 septembre 2026
spot_img

Kasaï : Luebo, un territoire en voie de disparition sous le regard des décideurs

À Luebo, il ne s’agit plus d’une simple alerte, mais d’un véritable compte à rebours. Des infrastructures publiques, des habitations et des portions entières du territoire sont littéralement englouties par des érosions incontrôlées. À chaque saison des pluies, la terre disparaît un peu plus, emportant avec elle l’espoir des habitants, comme si Luebo était progressivement gommé de la carte géographique de la province du Kasaï.

Ancien chef-lieu du district du Kasaï, Luebo n’est aujourd’hui que l’ombre de lui-même. Les routes, totalement dégradées, sont devenues impraticables, accentuant l’isolement d’une population déjà livrée à elle-même. La société civile locale, qui tire la sonnette d’alarme depuis des années, dénonce l’absence criante d’infrastructures sanitaires adéquates. L’accès à l’eau potable relève du parcours du combattant, exposant les habitants à des maladies évitables et à une précarité indigne d’un territoire qui contribue pourtant à la vie politique provinciale.

Le paradoxe est brutal, révoltant même : Luebo est bel et bien représenté dans les sphères de décision provinciale. Alain Tshisungu, président de l’Assemblée provinciale du Kasaï, Peter Tshisuaka, ministre provincial de l’Intérieur et de la Sécurité, ainsi que d’autres fils du territoire occupent des postes stratégiques. Pourtant, aucun projet structurant n’est envisagé pour désenclaver cette partie de la province. Aucun plan d’urgence, aucune vision, aucun chantier d’envergure. Luebo participe aux décisions, mais ne bénéficie d’aucune retombée concrète.

Au niveau national, le député Léon Mubikayi avait, lors de son mandat précédent, tenté de colmater l’hémorragie avec ses propres moyens, allant jusqu’à acquérir des tracteurs pour remblayer les ravins. Une initiative courageuse, mais largement insuffisante face à l’ampleur du désastre, et surtout révélatrice de l’abandon de l’État. Lorsqu’un élu agit seul, c’est le signe évident que les institutions ont failli.

Aujourd’hui, la population de Luebo supplie, réclame et exige l’implication urgente des autorités compétentes. Car selon plusieurs observateurs, si rien n’est entrepris, d’ici dix ans, le territoire de Luebo risque tout simplement d’être effacé de la carte géographique de la province du Kasaï. Ce ne serait pas seulement une disparition physique, mais un échec politique, moral et historique.

Luebo meurt. Et le silence des décideurs pourrait bien en être l’acte final.

ÇA PEUT VOUS INTÉRESSER AUSSI

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Suivez-nous
305,000FansJ'aime
6,259SuiveursSuivre
2,092AbonnésS'abonner
- Advertisement -spot_img