Dans la province du Kasaï, la cité d’Ilebo, pourtant considérée comme un maillon vital de l’économie régionale, s’enfonce dans une crise profonde. Jadis carrefour stratégique, cette entité donne aujourd’hui l’image d’un espace abandonné, où les infrastructures s’effritent et où l’espoir s’amenuise au rythme des promesses non tenues. La colère gronde dans la population, qui refuse désormais de se taire face à ce qu’elle qualifie d’indifférence prolongée des autorités.
Avec ses quatre secteurs notamment Mapangu, Malu-Malu, Basongo et Banga et ses 15 632 km², Ilebo occupe une position clé en République démocratique du Congo. Son port historique, anciennement Francqui, demeure le deuxième plus important du pays après celui de Matadi. Véritable poumon logistique, il constitue le point navigable le plus en amont de la rivière Kasaï, reliant la capitale Kinshasa par voie fluviale et la ville minière de Lubumbashi par le rail. Un positionnement stratégique qui contraste violemment avec la réalité du terrain.
Car derrière ce potentiel indéniable, Ilebo s’effondre. Les têtes d’érosions dévorent quartiers et habitations, les routes restent dans un état de délabrement avancé, les structures sanitaires peinent à répondre aux besoins les plus élémentaires, et les transports publics sont quasi inexistants. À cela s’ajoute une insécurité grandissante, alimentée par une recrudescence inquiétante du banditisme urbain. Une situation explosive qui expose les limites criantes de la gouvernance locale.
Dans les rues d’Ilebo, le constat est unanime : le sentiment d’abandon est total. Les critiques se dirigent ouvertement vers le gouverneur Crispin Mukendi, accusé par certains habitants de manquer de vision et de leadership face à l’urgence. Pour beaucoup, Ilebo, malgré son poids stratégique, semble reléguée au second plan dans les priorités provinciales.
Face à ce tableau alarmant, la population hausse le ton et interpelle directement le Chef de l’État, Félix Tshisekedi. L’appel est clair : sauver Ilebo avant qu’il ne soit trop tard. Les habitants exigent un plan d’urgence structuré, capable de stopper l’avancée des érosions, de réhabiliter les axes routiers, de renforcer les infrastructures sanitaires et de restaurer l’autorité de l’État en matière de sécurité.
Plus qu’un simple cri de détresse, c’est un avertissement. Car laisser sombrer Ilebo, c’est fragiliser un pilier économique du Kasaï et compromettre une chaîne logistique essentielle à l’échelle nationale.




Comment ilebo une cité stratégique,la présence d’un port.gare pour faciliter l’évacuation des produits vers d’autres centres importants peut être dans cet état,ce regrettable,il est temps que le gouvernement central puisse prendre ses responsabilités