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Kisangani
9 août 2026
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Ituri : plus de 40 corps abandonnés sans sépulture sous la terreur des ADF en territoire de Mambasa

La peur assiège le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri au nord-est de la RDC, où plus d’une quarantaine de corps de civils sauvagement massacrés par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) gisent encore à même le sol, abandonnés dans la brousse et les chantiers miniers par crainte de nouvelles attaques, a-t-on appris de sources locales de la société civile ce samedi 08 août 2026.

Selon la Dynamique des défenseurs des droits humains et l’association de jeunes ressortissants de l’Ituri basé à Kinshasa, Entre la fin du mois de juillet et le 2 août, une succession de raids sanglants a dévasté plusieurs localités de la chefferie des Babila Babombi, transformant les carrés miniers de Pakwa, Pondo, Longue Histoire et Munguiko en lieux de désolation. Une semaine après les tueries, l’impossible deuil d’une population traumatisée se heurte à la menace persistante des assaillants qui rodent toujours dans les environs.

D’après le bilan dressé par les autorités coutumières locales qui témoignent de l’ampleur du carnage, 30 dépouilles à Pakwa, sept à Pondo, dix autres entassées au sein même d’une église à Munguiko.

«Nous vivons l’impensable. Laisser nos pères, nos frères pourrir sous le soleil sans leur donner une sépulture digne est une humiliation qui nous déchire le cœur, mais nous ne pouvons rien faire», confie en larmes un rescapé du village de Bandimboyo, contraint de fuir vers la forêt.

Et d’ajouter : «Si nous faisons dix pas vers les mines pour chercher les morts, nous savons que les égorgeurs nous y attendent».

Plusieurs témoignages des habitants dans les campements de fortune et les centres urbains où affluent les déplacés, le désarroi s’accompagne d’une profonde détresse psychologique et matérielle.

«J’ai vu mon mari tomber sous les coups de machette à Pakwa. J’ai couru avec nos quatre enfants sans même pouvoir fermer ses yeux», témoigne une mère de famille, l’envisage creusé par la fatigue.

Face à ce drame humanitaire et sécuritaire, l’autorité locale se trouve totalement paralysée par l’absence de garanties de sécurité pour déployer des équipes d’inhumation.

«J’attends l’accompagnement de l’armée pour partir enterrer ces corps car l’ennemi circule encore dans la zone. J’exhorte la population à quitter la contrée pour permettre à l’armée de faire son travail et éviter d’autres pertes humaines», alerte le chef des villages impactés, Mwami Kiba Mbida Josias.

Rappelons que la chefferie des Babila Babombi demeure l’un des foyers de violence les plus meurtris de l’Ituri, où la guérilla islamiste d’origine ougandaise des ADF multiplie les exactions contre des communautés rurales sans défense depuis janvier 2026 où plus de 200 morts ont été signalés.

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