Au moins seize civils ont été lâchement exécutés dans la nuit de mardi à mercredi lors d’une double attaque simultanée attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) dans les localités de Mbau et Kitoho, situées dans le territoire de Beni en province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, a-t-on appris de sources locales.
Les premières alertes ont commencé dans la soirée de mardi vers la colline de Matete, à l’entrée nord-est de la cité de Mbau, plongeant immédiatement la population dans l’angoisse. Selon des témoignages concordants, les assaillants ont planifié une opération coordonnée pour diviser les forces de sécurité et maximiser les pertes civiles.
Les assaillants ont commencé l’opération à Matete à l’entrée Nord Est de Mbau, alors que l’armée, la PNC et les éco-gardes tentaient de contenir l’ennemi, un autre groupe d’ADF tuait à Kitoho et un autre a traversé la RN4 pour tuer derrière le bureau du secteur.
a raconté un habitant sous couvert d’anonymat
D’autres habitants de Mbau confirment une tactique de diversion, et décrivent des scènes de chaos total à l’arrivée des rebelles.
Dès que les premiers coups de feu ont retenti à Matete, nous avons pensé que les militaires géraient la situation. C’est en fuyant vers le centre que nous avons réalisé que les égorgeurs étaient déjà infiltrés derrière nos maisons. Ils ont profité de l’obscurité pour surprendre les familles dans leur sommeil.
témoigne Masika Maene, rescapée
De son côté, la société civile locale dresse un bilan provisoire de seize morts, un chiffre qui suscite l’effroi en raison du profil des victimes. Parmi les personnes tuées figurent un pasteur de l’Église kimbanguiste, son épouse, leur fille, un enseignant, deux femmes des policiers ainsi qu’un nourrisson.
Malgré la lourdeur du bilan, la panique aurait pu être encore plus dévastatrice sans l’intervention des troupes régulières. Elle est intervenue pour limiter les dégâts, fait savoir notre source qui précise que la traque s’est poursuivie jusque tard dans la nuit. Toutefois la peur ne cesse de gagner la population dans cette partie du territoire de Beni.
Nous avons passé la nuit dans la brousse, la peur au ventre. Ce matin, nous découvrons des corps de voisins et plusieurs connaissances. L’effroi est total, les gens plient bagage, car personne ne sait si les rebelles ne sont pas encore cachés dans les bananeraies environnantes.
confie un notable de Kitoho
Cette nouvelle tragédie intervient quarante-huit heures seulement après une autre incursion des ADF qui a fait 14 morts dans la ville voisine de Beni, illustrant la détérioration continue de la situation sécuritaire dans la région, malgré l’état de siège en vigueur.



