Le mouvement citoyen Filimbi coordination de la province de la Tshopo, a tenu un point de presse ce mercredi 27 juin à Kisangani, pour présenter un rapport sur la gouvernance au sein du Fonds spécial de Réparation de l’Indemnisation aux Victimes des Activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).
Selon ce rapport qui est le résultat d’une enquette de trois mois menée par Filimbi, FRIVAO a pour vocation d’indemniser les victimes congolaises des agressions armées perpétrées par les armées ougandaise et rwandaise entre 1998 et 2003, mais malgré une première tranche déjà versée par l’Ouganda, les résultats de fonds peinent à se matérialiser. Ainsi, ce mouvement citoyen dénonce une série d’abus qui ont affecté la crédibilité de cette institution publique censée restaurer la dignité des victimes :
Filimbi dénonce une série d’abus qui ont affecté la crédibilité de cette institution publique censée restaurer la dignité des victimes. Le rapport s’appuie sur des enquêtes citoyennes, des documents internes et des témoignages sous anonymat. Parmi les faits saillants, que souligne le present rapport, filimbi note le transfert non conforme de 850 000 USD, prélevés directement depuis le compte dédié aux victimes vers un compte de fonctionnement administratif. Ce mouvement de fonds, autorisé de manière exceptionnelle par l’ancien ministre de la Justice, s’est effectué sans pièces justificatives ni traçabilité claire. Pire, ces fonds, censés couvrir six mois de fonctionnement, ont été dilapidés en moins de quatre mois. L’affaire la plus controversée reste l’attribution d’un contrat de gré à gré à la société DIVO INTERNATIONAL SARLU, propriété de l’homme d’affaires Deo Kasongo, pour la production d’un documentaire sur les atrocités de la guerre des Six Jours. Initialement prévu à 700 000 USD, le projet a vu son coût grimper à 1 million de dollars après deux décaissements successifs de 500 000 USD chacun. Filimbi dénonce une absence totale de transparence, des violations des règles de passation des marchés publics, et des retards injustifiés. Le documentaire, censé être livré en deux mois, n’a été présenté qu’au bout de six mois, et uniquement à Kinshasa – loin des victimes concernées.
a laissé entendre Joelle Mbiya, membre de Filimbi, lors de la lecture dudit rapport
Par la même occasion, Filimbi a adressé des recommandations fermes aux autorités et institutions compétentes :
- À l’Assemblée nationale, d’auditionner le ministre de la Justice sur ces irrégularités ;
- Au gouvernement, de geler les fonds du FRIVAO en cas de confirmation des malversations et d’en récupérer les sommes détournées ;
- À l’IGF, de diligenter un audit complet, en particulier sur le contrat DIVO ;
- Au comité de gestion du FRIVAO, de publier tous les documents contractuels liés aux marchés publics et d’instaurer des mécanismes de contrôle.
Notez que parmi les autres dérives révélées, figurent des cas d’indemnisations versées à des fausses victimes et des accusations de rétro commissions.



