Divers faits caractérisent le milieu universitaire de Kisangani, chef-lieu de la Tshopo. On y trouve de réalités, dont les unes tirées de constats faits par les étudiants, alors que les autres ne sont que fruits d’imaginations. Le fameux phénomène « les enfants d’abord » n’est pas à extraire du lot.
La ville de Kisangani possède l’une des meilleures universités du pays, l’Université de Kisangani (UNIKIS), en plus de plusieurs autres institutions d’enseignement supérieur et universitaire de qualité. Des grands hommes qui y sont formés, font leurs preuves dans différents domaines de la vie professionnelle, dans cette ville et ailleurs.
Cependant, il arrive que la confiance envers ces institutions baisse d’un cran, observant certaines ‘réalités’. D’où, pour aller plus loin, le doute sur la qualité des enseignements dispensés peut s’inviter à la table de débats. Depuis plusieurs années, de nombreux étudiants estiment qu’il y aurait une catégorie d’apprenants qui ne ferait pas forcément face aux mêmes exigences que le reste ; des étudiants qui bénéficieraient d’une certaine clémence au moment d’être évalués ; ceux qui seraient couverts par certains enseignants, qui ne sont autres que leurs parents. Cependant, ces ‘enfants d’abord’ ne mériteraient tous pas leurs côtes, vraiment ?
Favorisés ou victimes ?
Les résultats des évaluations font logiquement l’objet d’une autopsie chez chaque étudiant. Généralement chez ceux qui ne valident pas leur année académique : ils cherchent, naturellement, la cause de leur échec. Curieusement, la cause de la réussite des autres est également scrutée par les uns.
Sur le sujet, deux étudiants qui ont échangé avec la rédaction de Kaba Lisolo requièrent l’anonymat.
Je connais un enfant d’un enseignant qui n’avait pas réussi, mais sans vous mentir, c’est peut-être le seul dans toute l’histoire de l’UNIKIS. L’enfant d’un enseignant ne peut jamais échouer, son papa ne pourra pas le permettre. C’est son parapluie.
a déclaré un étudiant de l’Université de Kisangani
Ces ‘enfants d’abord’ comme on les surnomme, sont-ils victimes d’un suivi informel de leurs camarades, d’une sorte de jalousie ou de méchanceté ? En tout cas, c’est ce que pense un autre étudiant qui s’est confié à notre rédaction.
Il y a des enfants de profs qui sont très intelligents. Tellement qu’on est habitué à voir certains être favorisés, on croit que c’est le cas pour tous les autres. Personnellement je crois qu’ils sont victimes de jalousie et de haine de la part de leurs camarades. Pourquoi on peut toujours croire qu’un enfant d’un prof ne peut pas réussir normalement surtout quand il s’agit d’une distinction ?
Sondés, d’autres étudiants que c’est assez logique qu’il existe une catégorie des ‘privilégiés’, mais la réalité actuelle est abusive. « Un étudiant peut être favorisé par un enseignant qui est de sa famille, mais il ne faut pas abuser. Cela devrait être très limité… » a lâché inscrit à la faculté des Lettres de l’UNIKIS.
