Enseignant-chercheur à l’Université de Kisangani, analyste politique et défenseur des droits humains, Alphonse Mahindo salue l’initiative de consultation populaire lancée par le gouverneur de la province de la Tshopo, Paulin Lendongolia. Il l’a déclaré au cours d’un entretien avec la rédaction de Kaba Lisolo, vendredi 4 septembre 2026, dans son bureau situé dans la commune de Makiso à Kisangani.
Quelques jours auparavant, le gouverneur Paulin Lendongolia avait échangé avec des milliers de Boyomais. L’objectif principal de cette rencontre était d’écouter les préoccupations et les attentes de la population afin d’identifier des pistes de solutions aux différents problèmes auxquels elle est confrontée.
Pour le professeur Alphonse Mahindo, cette démarche constitue une initiative positive, notamment parce qu’elle permet aux citoyens de se sentir écoutés et considérés par leurs dirigeants.
« Pour moi, je pense que c’est une bonne chose. Le moment est là pour soulager les gens, afin qu’ils se sentent estimés par leurs dirigeants. C’est aussi un moyen pour l’autorité de communiquer sur ce qu’elle va faire et sur ce qu’elle ne va pas faire. »
Une feuille de route pour concrétiser les promesses
Pour rendre cette initiative plus efficace, Alphonse Mahindo recommande au gouverneur de mettre en place une feuille de route à l’issue de chaque consultation. Celle-ci devrait permettre de répertorier les différentes promesses faites à la population et d’assurer leur suivi.
Selon lui, cette démarche est essentielle pour donner du crédit à la parole des autorités.
« Il faut faire une feuille de route. J’ai fait telle promesse, je vais voir avec mon cabinet pour établir une liste des promesses qui ont été faites. Ensuite, vous allez voir ce que vous pouvez commencer à réaliser. C’est aussi important de communiquer là-dessus. Il n’y aura pas de promesses auxquelles vous pourrez répondre immédiatement. Vous pouvez donner des instructions aux différents ministres, au maire de la ville, au chef de la police… Après, vous allez mettre des gens derrière cela pour assurer le suivi, parce que vous n’aurez pas le temps de tout contrôler. »
Mobiliser davantage de moyens
Par ailleurs, l’enseignant-chercheur invite le gouverneur de la Tshopo à accompagner cette initiative d’une mobilisation conséquente des ressources. Pour Alphonse Mahindo, les consultations populaires ne pourront produire des résultats concrets que si les autorités disposent des moyens nécessaires pour répondre progressivement aux préoccupations exprimées par la population.
Il estime ainsi que la réussite de cette démarche dépendra non seulement de la capacité du gouverneur à écouter les citoyens, mais surtout de sa volonté et de sa capacité à transformer les engagements pris en actions concrètes.



