Quelques heures après la plénière historique ayant abouti à la destitution du gouverneur Paulin Lendongolia ce lundi 27 octobre, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Mateus Kanga, s’est présenté devant la presse pour clarifier la position de son institution.
Il a insisté sur le respect strict des textes légaux et dénoncé ce qu’il qualifie de désinformation et de bruits de la rue.
Revenant sur le déroulement de la plénière, Mateus Kanga a rappelé que toutes les dispositions légales avaient été respectées avant, pendant et après la séance ayant conduit à la déchéance du gouverneur :
Le quorum de décision, c’est lorsqu’il s’agit d’un grand événement comme celui-ci. S’il n’est pas atteint au début, la plénière est suspendue et peut reprendre quelques instants plus tard, comme nous l’avons fait. À ce moment-là, la loi permet de statuer à la majorité relative.
a-t-il expliqué, répondant ainsi à ceux qui remettaient en cause la régularité de la séance
Interrogé sur une prétendue correspondance circulant sur les réseaux sociaux et attribuée au ministère de l’Intérieur, qui aurait demandé le report de la plénière, le président de l’Assemblée a démenti catégoriquement l’authenticité du document :
Nous n’étions pas au courant de cette correspondance. Nous avons été surpris, après la plénière, de voir ces publications circuler. Nous avons demandé à notre avocat de porter plainte contre l’huissier pour usage de faux. Il devra nous dire où et quand il aurait rencontré notre secrétaire de cabinet. Jusqu’à preuve du contraire, cela reste un faux.
a-t-il affirmé
Mateus Kanga a également précisé que ni lui, ni le gouverneur n’avaient reçu une quelconque instruction officielle :
Le vice-premier ministre de l’Intérieur est à l’étranger. S’il y avait un message officiel, il viendrait de la vice-ministre, Madame Eugénie Tchela. Mais jusqu’à présent, nous n’avons rien reçu.
a-t-il ajouté, soulignant que l’Assemblée provinciale de la Tshopo n’est pas sous tutelle d’une institution nationale
Concernant la présence du gouverneur à Kinshasa le jour de la plénière, Mateus Kanga a estimé que ce déplacement ne justifiait pas son absence à la séance :
Ce n’est pas au président de l’Assemblée de délivrer une autorisation de sortie à un gouverneur. Nous étions tous à Kinshasa en mission officielle, reçus par la vice-ministre au nom du VPM. Chacun a obtenu son autorisation pour rentrer. Moi, j’ai récupéré la mienne, pas celle du gouverneur. Qu’il explique lui-même pourquoi il est resté. Même s’il avait sollicité le report, que fait-il à Kinshasa ? Est-il malade ? Juste après la séance de vendredi, nous étions autorisés à rentrer. Il n’a pas l’habitude de rendre compte. Il veut imposer sa ligne de conduite aux institutions alors que nous, nous nous soumettons à la loi.
a-t-il déclaré
Le président de l’Assemblée a martelé que les institutions ne fonctionnent pas selon les caprices des individus :
La plénière devait déjà se tenir depuis mercredi. Nous avons simplement repris la séance le premier jour ouvrable, ce lundi. Le télégramme du ministère de l’Intérieur ne disait pas d’empêcher les plénières.
Selon lui, la tentative du gouverneur de s’appuyer sur cette correspondance relève d’une manœuvre pour entraver le fonctionnement normal des institutions.
Mateus Kanga n’a pas mâché ses mots en commentant l’attitude du gouverneur déchu :
Nous avons eu affaire à un petit dictateur qui voulait s’imposer comme un empereur. Peut-être qu’il faisait l’apprentissage de la dictature, mais la Tshopo n’est pas un terrain d’expérimentation politique. Nous sommes à l’ère de la démocratie et le chef de l’État ne peut pas protéger ce genre de comportements. S’il veut saisir la justice, on lui souhaite bonne chance.
a-t-il lancé sans détour
Enfin, répondant à une question sur le cas de l’activiste Jedidia Mabela, Mateus Kanga a tenu à préciser :
Le départ du gouverneur n’a rien à voir avec Jedidia. Ce dernier est innocent. Tout ce qu’il a dit, les députés viennent de le confirmer par leur vote.



